Partie 3, Illusions Perdues : Les souffrances de l’inventeur

21 juin 2021
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Nous nous retrouvons donc aujourd’hui pour parler du destin de Lucien de Rubempré, désormais obligé de fuir Paris, entièrement discrédité. Lorsqu’il rentre à Angoulême, il découvre les tragiques conséquences de son comportement envers sa famille. 

Il se trouve en effet que Lucien a imité la signature de son beau-frère David pour emprunter une somme d’argent si importante qu’elle ruine sa famille. Eve sa sœur, qui au début de l'œuvre était si admirative de son jeune frère, se méfie désormais de lui, et connaît son inconsistance. Elle refuse de lui dire ou se trouve David, son ami qu’il a trahi, et qui doit désormais fuir pour ne pas être arrêté. 

David, pendant ce chapitre, est poursuivi également par les conséquences de ses illusions. Ces dernières sont d’une nature nouvelle dans l'œuvre : celles des illusions de l’inventeur envers sa création. Le produit de ses recherches et de ses ambitions étant ici confronté à la réalité des enjeux économiques de son invention.  

Lorsque Lucien retourne donc à Angoulême, il est accueilli toujours dans l’hypocrisie, et dans les stratèges de l’aristocratie de province. Cette dernière lui tend un piège, assurant que Madame de Bargeton accepte de régler les dettes de David, causées par Lucien. Ce dernier, naïvement, s’empresse de communiquer à David un message, qui lui annonce la bonne nouvelle, et lui indique de sortir de sa cachette. Quand il s’exécute, il est évidemment arrêté. 

Lucien désespéré songe à se suicider. Il fait alors une rencontre soudaine avec un personnage emblématique de la Comédie Humaine, Vautrin, qui apparaît déguisé en prêtre sous le nom de Carlos Herrera. Il réconforte Lucien et lui propose une forme d’alliance, dans laquelle ce dernier s’abandonne aux volontés du faux prêtre. En échange, il accepte de régler les dettes de David. 

Malheureusement, Lucien et Carlos Herrera arrivent trop tard, et David a déjà cédé au chantage de ses concurrents. En échange du remboursement des dettes, David a vendu le résultat de ses recherches, qui permettra à ses nouveaux détenteurs de devenir les fournisseurs officiels des imprimeries parisiennes. 

Cette troisième partie d’Illusions Perdues est bien distincte des précédentes. Moins centrée sur les échecs de Lucien, elle concerne davantage les conséquences des illusions de son entourage à son égard. Le nom de ce chapitre, les souffrances de l’inventeur, nous indique également que Balzac voulait porter une réflexion particulière sur l’activité de recherche et de création. Le génie semble ici être inadapté à l’organisation économique de la société, dont les enjeux ne sont jamais centrés sur l’art ou le mérite, comme analysé en seconde partie avec la désillusion de Lucien sur le milieu littéraire. 

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