Partie 2, Illusions Perdues : Un grand homme de province à Paris 

07 juin 2021
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Dans cette seconde partie, nous retrouvons le personnage de Lucien de Rubempré, qui vit désormais au sein de la capitale. Cette partie nous en apprend plus sur la véritable essence de Lucien, mais nous permet également d’observer le monde journalistique de l’époque de Balzac. De façon très critique, ce dernier déplore la désacralisation de la littérature au profit des plaisirs simples, des éclats de voix, et des mondanités. 

Lorsque Lucien arrive à Paris, il est déstabilisé par ce changement d’espace, et de milieu social. Son entrée dans le monde est bien maladroite, et lorsque Lucien fait sa première apparition à l’Opéra, il se couvre de ridicule. A la soirée de Lucien à l’opéra, il n’est rien dit du spectacle. On sait que l’opéra présente le « ballet de l’enfer ». Ce titre symbolise la situation que vit Lucien. Puisque qu’à cette époque, au théâtre on conserve toutes les lumières allumées, on vient surtout pour se regarder d’une loge à l’autre. C’est une comédie sociale qui se joue ce soir-là. Lucien et Madame de Bargeton deviennent les distractions de la soirée. Lucien est rejeté par ce monde, mais ne semble pas le comprendre. Sa perception du réel est totalement biaisée par ses ambitions.

Abandonné de Madame de Bargeton et du grand monde, Lucien souhaite faire publier ses poésies. Deux mondes s’ouvrent rapidement sur Lucien : celui du cercle littéraire très fermé du Cénacle, ou celui du journalisme. L’un est un univers de travail, de mérite, l’autre de plaisirs et de divertissements. Si Lucien semble d’abord apprécier le Cénacle, il se dirige plus concrètement vers la profession de journaliste. Lousteau son ami, se confie pourtant à lui en lui expliquant que dans ce monde la valeur artistique ne promet pas la vente. Lucien n’est publié comme poète que parce qu’il est journaliste. On est dans un contexte d’industrialisation que l’on observe partout dans le roman. La presse est dépeinte au sens de l’imprimerie, de la fabrication à moindre coup. La littérature devient un gigantesque marché économique. Balzac est pour cette œuvre, très lu et étudié par les critiques marxistes. Ecrire c’est un engagement qui peut être un engagement politique mais c’est aussi un engagement artistique. Mais peut-on vivre de sa plume sans sacrifier son art ?

Il convient également de s’intéresser à la relation qu'entretient Lucien avec Coralie, une actrice de bonne foi. C’est l’une des figures les plus positives de cette seconde partie. Si elle est comédienne, c’est elle qui est la plus sincère. Elle est du côté de l’amour vrai. Elle est entretenue, sait mentir, amène souvent Lucien à le faire et à l’art de la manipulation. Pourtant elle tombe amoureuse de Lucien immédiatement, depuis la scène,. Le sublime de Coralie n’est perceptible que dans la laideur de son environnement. Elle rappelle sans aucun doute la figure biblique de Marie Madeleine, à la fois prostituée et sainte. 

Les épreuves de Lucien à Paris sont nombreuses, et sans les énumérer de façon exhaustive, il faut surtout remarquer que Lucien n’apprend jamais de ses erreurs. Il n’écoute peu les conseils qui lui sont donnés, ou les comprend de la façon qui le satisfait le mieux. Son comportement pèse sur son entourage, en particulier sur David et Eve Séchard, qu’il ne cesse de ruiner. 

Cette seconde partie déçoit les attentes du lecteurs sur le personnage de Lucien. Sans révéler les circonstances qui conduiront à sa perte, notre personnage est obligé de fuir la capitale pour retourner à Angoulême. Cette seconde est riche de rebondissements, et de peintures sublimes du monde artistique et littéraire d’époque.

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