Claude Gueux, ou le plaidoyer d’Hugo contre la peine de mort

26 avril 2021
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Claude Gueux est un court roman de Victor Hugo. Bien moins connu que Les Misérables c’est pourtant grâce au personnage de Claude Gueux que Jean Valjean naîtra. Tous deux ont un grand nombre de traits communs. Le premier, sans aucun doute, est la misère qui les pousse à voler, et qui les conduit directement en prison. 

L'œuvre “Claude Gueux” est donc de l’ordre du récit bref. Dans l’incipit, nous découvrons le portrait d’un homme bon, auquel la nature a octroyé des qualités indéniables. La société à l’inverse n’a pas été tendre avec ce personnage, illettré mais pourtant capable de bien penser.

Extrêmement pauvre, Claude Gueux vit avec sa maîtresse et l’enfant de cette dernière. Un jour, la nourriture manque à cette famille, et cet homme n’a d’autre choix que de voler. Victor Hugo écrit «  Je ne sais ce qu’il vola, je ne sais où il vola. Ce que je sais, c’est que de ce vol il résulta trois jours de pain et de feu pour la femme et pour l’enfant, et cinq ans de prison pour l’homme ». 

S'ensuit alors le parcours de Claude Gueux en prison. Ses camarades éprouvent beaucoup de sympathie pour ce personnage profondément altruiste, et ayant l’art et la manière de se faire entendre. Cette réalité pose problème au directeur de la prison, qui prend plaisir à s’acharner contre notre personnage. Victor Hugo démontre avant tout que cette prison n’est pas construite et conçue pour permettre à Claude Gueux de s’éduquer et de sortir de sa misère. Bien au contraire, c’est un lieu qui pousse à la violence et qui scelle les destins. Pourtant, entre ces murs, se trouvent des personnages profondément généreux. C’est le cas notamment de Alban, un jeune homme avec qui Claude Gueux se lie d’amitié. 

Tous les jours, Alban, de nature frêle, partage sa ration au robuste Claude Gueux, pour qui la portion distribuée est insuffisante. Ce geste lie profondément les deux hommes qui ne peuvent désormais survivre l'un sans l’autre. Cette amitié est alors menacée par le directeur de la prison dont la perversité n’a pas d’égal. Pour son propre plaisir, cet homme décide de séparer les deux prisonniers. Claude Gueux tente en vain de négocier avec lui le retour de son camarade. 

A cet instant précis, la tragédie de Claude Gueux est déjà annoncée. On observe le personnage converger fatalement vers la vengeance. Conscient que plus rien ne pourra l’aider à dépasser sa condition, il renonce à sa vie, qu’il décide d’achever dans le meurtre du directeur. Acclamé par ses camarades, Claude Gueux est exécuté.

Hugo s’inspire ici d’une histoire vraie. Claude Gueux a véritablement existé, et a bien été condamné à mort. Cette histoire sert à Hugo d’exemple pour illustrer son argumentation contre la peine de mort. Lissant les traits des personnages de son histoire de sorte à les construire en héros, Hugo achève son œuvre dans une longue réflexion adressée au lecteur. La société est pour l’auteur responsable des crimes de Claude Gueux. Si elle lui avait fourni de l’éducation et du travail, jamais ce drame n’aurait pu s’opérer. « Cette tête de l’homme du peuple, cultivez-la, défrichez-la, arrosez-la, fécondez-la, éclairez-la, moralisez-la, utilisez-la ; vous n’aurez pas besoin de la couper. » explique Hugo.

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