12/06 - Y'a pas le feu au lac #25

12 juin 2021
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Bonjour,

Grüezi,

Buongiorno les petits Suisses,

J’espère que vous allez bien et que vous avez passé une bonne semaine au Portugal, entre Lisbonne, Porto et Faro car ici en Algarve où je me trouve actuellement, il a fait vraiment très chaud !

Un événement qui n’a pas du vous échapper, ce jeudi 10 juin, c’était l’alignement de la Terre, la Lune et le Soleil pour offrir un spectacle céleste magnifique. Sur une bande de 500 kilomètres de largeur partant du nord-est du Canada jusqu’à la Sibérie, en passant par le Groenland et le pôle Nord, les habitants du nord de la planète ont pu, en levant les yeux, voir un anneau de feu flotter dans le ciel.  La Lune a glissé devant le Soleil et a projeté son ombre sur nous, en ne laissant éventuellement qu’un mince croissant de lumière, formant ainsi une éclipse annulaire du Soleil. La première cette année. Elle a été vue partiellement à Bragança, dans le nord est du Portugal ainsi qu’en Suisse à Neuchâtel entre autre.

Pour passer de l’ombre à la lumière ou plutôt de la lumière à l’ombre,  nous les Suisses ne sommes pas très brillants actuellement :

Parlons d’abord de l’accord-cadre avec l’Union Européenne…. dont nous avons claqué la porte au nez après dix ans de négociations pour ses huit millions d’habitants….

Je vous remémore quelques points historiques: en 1992, nous avons voté contre l’adhésion à l’EEE (Espace économique européen) qui correspondait à environ 95% des accords bilatéraux actuels ou même à une version améliorée de l’accord-cadre dont nous avons lamentablement foiré la négociation il y a quelques jours, et non contre l’adhésion à l’Union européenne comme je l’entends encore aujourd’hui fréquemment.

Certains suisses pensent que notre décision de 1992 a permis de maintenir l’économie suisse prospère pendant que l’Union européenne s’appauvrissait et cela aussi est diamétralement faux. Durant la grosse décennie de négociations qu’il aura fallu pour ficeler les accords bilatéraux, l’UE et les membres de l’EEE ont connu une croissance économique largement supérieure à celle de la Suisse sur la même période. Avec l’EEE, la situation économique de la Suisse serait probablement largement meilleure qu’elle ne l’est aujourd’hui, quand bien même nos finances publiques demeurent effectivement plus « saines » que celles des pays européens les moins favorisés.

J’entends par ci et par là dire que l’UE traite la Suisse avec condescendance et mépris, ce qui m’étonne beaucoup. Car une organisation supranationale représentant plus d’un demi-milliard de citoyens qui passe près de dix ans à négocier avec la Suisse et ses huit millions d’habitants et se fait claquer la porte au nez, c’est effectivement du mépris, mais de la part de qui ?

Qui passe son temps à se gargariser d’une prétendue supériorité intrinsèque de la « suissitude » par rapport aux cultures voisines ? 

Qui passe son temps à critiquer tout ce qui ne ressemble pas à un combat de reines ou un caquelon de fondue ?

Qui passe sont temps à se moquer de nos voisins, plus pauvres, moins démocratiques et tellement plus primitifs que nous ?

J’arrête ici l’étalage car la mauvaise foi et l’ignorance des europhobes suisses sont sans limite et leurs mensonges semblent toucher un public toujours plus large.

La réalité que personne n’ose jeter crument au visage de ces pseudo-patriotes, pseudo-souverainistes de pacotille, c’est que leur doctrine politique et ses conséquences nous ont déjà coûté des dizaines de milliards sans nous rapporter en retour, sinon l’illusion puérile de tenir tête à nos grands voisins, tel le roquet énervé mordillant le pantalon de son maître.

Cette bande de guignols nous fait vraiment passer pour un peuple de débiles et ça m’énerve.

Et oui, nous avons aussi nos guignols en Suisse !

Notre mascotte internationale Roger Federer, « Rodgeur » comme on le nomme, nous a pas non plus fait briller cette semaine…. A Roland-Garros, il a déclaré forfait pour les 8èmes de finale afin, semble-t-il, de se préserver pour le tournoi d’Halle et de Wimbledon et les Jeux Olympiques au Japon. Il nous a d’ailleurs durant le match face au Croate Marin Cilic montré une face de sa personne méconnue à travers un dialogue ahurissant avec l’arbitre de chaise durant cinq bonnes minutes, sous les yeux hébétés du millier de spectateurs qui tentaient de le raisonner avec des « c’est pas grave Rodgeur, t’es le meilleur, Rodgeur ». Tout cela parce que l’arbitre de chaise lui avait donné un avertissement pour dépassement de temps lors du service….et surtout lui avait demandé d’être un petit peu plus vite, plus rapide…..

Malgré son statut, il n’a pas apprécié être ramené sur terre, fût-elle battue. A 39 ans bien tassés, son pied n’a plus sa vivacité d’antan ; s’entendre qualifier de « lent » l’a piqué au vif.

Et voilà pour aujourd’hui.

Je vous dis à très bientôt, portez vous bien, où que vous soyez et « Y a pas le feu au lac ».

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