08/05 - Y'a pas le feu au lac #21

08 mai 2021
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Bonjour,

Grüezi,

Buongiorno les petits Suisses,

Aujourd’hui, je vous emmène à la conquête de l’espace avec des Suissesses qui vivent la tête dans les étoiles.

Les femmes n’ont pas attendu que les agences spatiales s’engagent à diversifier leurs équipes d’astronautes pour s’intéresser au domaine spatial.

Les conditions pour postuler ? Etre sportif, avoir entre 27 et 37 ans, mesurer entre 1,53 et 1,90 mètre, détenir un diplôme universitaire en ingénierie, sciences ou médecine, se prévaloir d’une bonne stabilité émotionnelle. Sexe féminin : un plus.

Si vous cochez toutes les cases, il vous reste un petit mois pour déposer votre candidature auprès de l’Agence spatiale européenne, qui cherche ses futurs astronautes.

Tout comme aux Etats-Unis, où la NASA affirme viser une sélection paritaire pour sa prochaine mission ver la Lune, de ce côté-ci de l’Atlantique les femmes sont vivement encouragées à se lancer. Mais si les astronautes cristallisent une grande part de notre fascination pour le cosmos, comme actuellement avec le français Thomas Pesquet qui a embarqué pour la 2ème fois le 21 avril dernier vers la Station Spatiale internationale (ISS) pour une mission de six mois, ils ne constituent que la pointe de l’iceberg du domaine spatial. Un secteur dans lequel les femmes ne sont certes pas majoritaires, mais bel et bien présentes. Elles ont investi des secteurs parfois peu ou mal connus, y compris en Suisse.

Devenir astronaute, Natàlia ARCHINARD, représentante de la Suisse auprès du Comité de l’ONU pour les utilisations pacifiques de l’espace extra-atmosphérique (COPUOS), y a songé sérieusement alors qu’enfant elle plongeait son regard dans le télescope familial. En 2008, lors d’un précédent processus de sélection, la Suissesse déposait son dossier et se souvient des critères qui disaient qu’ils cherchaient des gens stables psychologiquement et non des têtes brûlées.

Un post-doctorat en mathématiques, une bonne condition physique, forgée grâce à l’alpinisme, un goût pour la gestion de situations difficiles, elle se retrouve parmi les 1800 personnes conviées à Hambourg pour une première série d’examens. Le test de pilotage lui donne du fil à retordre. Et si l’aventure s’est arrêtée là, c’est sans amertume.

L’espace, Natàlia Archinard n’y est pas allée, mais elle en a fait son domaine d’activité par le biais de la diplomatie. Cheffe suppléante de la Section science, transports et espace du Département fédéral des affaires étrangères, elle mène la délégation suisse auprès du Comité de l’ONU pour les utilisations pacifiques de l’espace, le COPUOS. C’est elle qui représente notre pays dans les négociations multilatérales qui se tiennent au sein de cet organe chargé de promouvoir la coopération entre Etats dans le domaine spatial, mais aussi de résoudre certains défis, et pas des moindres, dans un secteur où les nouveaux arrivants se bousculent et les enjeux stratégiques sont gigantesques. Le nombre de satellites mis en orbite en 2020 a presque doublé par rapport à l’année précédente.  Des compagnies privées, comme SpaceX ou OneWeb, ont prévu d’en lancer des milliers, voire des dizaine de milliers. Et elles ont déjà reçu les autorisations nécessaires de la part de leurs juridictions nationales.  Mais les orbites, en particulier celles proches de la Terre, ne peuvent absorber autant de satellites sans accidents ni interférences si le trafic n’est pas régulé. Il est donc nécessaire de se mettre d’accord entre Etats sur la manière d’utiliser l’espace et de se coordonner à travers des règles de conduite et des standards communs afin d’éviter des accidents et aussi de garantir la sécurité internationale.  La Suisse n’a pas la capacité de mettre en orbite des satellites mais elle fait partie des contributeurs importants de l’Agence spatiale européenne. A cette satisfaction s’ajoute celle de voir évoluer les choses. A ses débuts au Comité de l’ONU, en 2007, trois pays étaient représentés par des femmes contre près d’un tiers aujourd’hui.

Aux manettes non pas d’une navette spatiale, mais d’une entreprise qui compte plus de 400 employés, dont 350 à Aigle dans le canton de Vaud, Aude PUGIN équipera le prochain lanceur européen Ariane 6.

Sa société, APCO Technologies, réalise le nez des boosters (les fusées d’appoint) et les attaches qui les lient au corps central de la fusée. Délicate opération, car ces attaches doivent se défaire pour permettre l’envol du lanceur. Ce devra être absolument parfait car si cela ne se détache pas, il y aura un sérieux problème mais le jeu en vaut la chandelle. Travailler dans un domaine aussi innovant est extrêmement stimulant d’autant plus qu’il attire les jeunes et toujours plus de femmes.  Dans la famille Pugin, c’est le père, André qui a attrapé le virus de l’espace et qui a fondé la société puis qui a développé ses activités spatiales. Sa fille n’est pas tombée tout de suite dans la marmite. Avocate de formation, Aude Pugin a rejoint l’entreprise plus tard, il y a une dizaine d’années avant de reprendre le flambeau en 2017 en ayant eu le luxe auparavant d’avoir le temps d’apprendre. C’est là, dans les ateliers et leurs salles blanches dont les niveaux de propreté sont très élevés que sont réalisées des structures de satellites où se logeront les éléments d’électronique et d’optique. Des structures complexes, composées d’aluminium ou de carbone, à la fois légères, car le kilo envoyé dans l’espace coûte cher, et ultra-résistantes pour tenir le choc des vibrations de température entre l’exposition au soleil et au glacial vide spatial.

Ariane, ExoMars, les satellites Galiléo… APCO Technologies figure parmi les prestataires d’un grand nombre de projets de l’Agence spatiale européenne et possède une antenne sur la base de lancement de Kourou, en Guyane française.

Pour résumer, le spatial est surtout un domaine dans lequel il y a toujours une part de rêve. Et si certains projets peuvent paraître aujourd’hui exagérément ambitieux ou insensés, il faut voir, au-delà de l’objectif visé, tout ce qui va être développé sur Terre au bénéfice de la société, en faisant avancer la technologie et la science.

Les Swiss Press Award 2021 ont été attribués le 28 avril dernier par la Fondation Reinhardt von Graffenried et la remise à Berne diffusée en direct du studio du Palais fédéral sur le Net.

Crise du COVID, lits en soins intensifs, harcèlement sexuel, scandale environnemental et vie d’un homme politique, tels sont les thèmes des lauréats de cette année du prix national des médias.

Célia HERON, Boris BUSSLINGER et Sylvia REVELO sont nommés les journalistes suisses de l’année, les Swiss Press Journalists of the Year.

C’est avec leur projet « La RTS et la loi du silence » que le trio  gagne ce trophée. Je vous le résume :

Pendant des années, la Direction de la RTS a laissé s’installer une culture du silence autour du harcèlement, de gestes déplacés et d’abus de pouvoir. Des employées et des syndicats avaient fait part à la direction de disfonctionnements graves et celle-ci a pendant longtemps préféré étouffer ces affaires.

Le trio enquête et recueille une trentaine de témoignages étayant ces accusations dont la Direction avait été informée mais le climat de peur avait jusqu’ici bénéficié aux auteurs des faits.

Pour poursuivre, Sarah CARP est nommée la photographe de presse de l’année, la Swiss Press Photographer of the Year.

Son projet nommé « Parenthèse » réalisé pendant le semi-confinement de 2020, met en avant des affiches telles que « Sauvez des vies » ou « Restez à la maison ».

Pour certains, le monde s’écroule, alors que d’autres trouvent refuge entre les quatre murs de chez eux. Que vit une mère célibataire lorsque son monde s’arrête soudainement à la porte d’entrée ? Elle découvre à la fois l’enferment et l’oppression mais aussi les moments magiques de la vie quotidienne à la maison avec deux petits enfants. La perception change, le temps passe différemment. C’est exactement ce qui caractérise le moment historique du confinement à travers ses photos incroyables.

Voilà donc pour aujourd’hui.

Je vous dis à la semaine prochaine, où que vous soyez, prenez bien soin de vous et « Y a pas le feu au lac ! ».

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