Les azulejos

02 avril 2021
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Le mot est difficile à prononcer en portugais. Il fait partie de l'héritage linguistique de la langue arabe puisqu'il vient du mot al zulaydj, زليج, qui a aussi donné le mot Zellige en français et qui veut dire petite pierre émaillée. Il ne vient donc a priori pas du mot Azul qui signifie bleu comme on pourrait l’imaginer facilement.

Ceci étant dit, la faïence sous cette forme est arrivée au Portugal au début du 16eme siècle. Les palais de l’Andalousie avaient les murs recouverts des ses carreaux d’argiles émaillés, imitant la mosaïque, qui ont plu au roi Manuel 1er et par la suite aux riches familles portugaises par la suite. Le palais national de Sintra possède encore des carreaux de cette époque. Les premiers furent donc importés. Le Portugal est devenu au fil des ans un grand producteur. La technique a bien entendu évolué grâce aux italiens et aux hollandais autres grands producteurs.

La majolique a permis que les panneaux formés par ces carreaux d’argiles deviennent de véritables tableaux. Des techniques empruntées à la peinture comme le trompe l'œil sont même utilisées. Les azulejos deviennent de plus en plus figuratifs, racontent la vie des congrégations sur les murs des salles communes des couvents.

Ils vont aussi être reconnus comme traversant mieux le temps, résistant mieux aux inondations, à l’humidité, aux incendies. 

On les retrouve donc beaucoup dans les églises, les couvents et les palais construits sous le règne de Joao V.

Les couleurs évoluent au fil des modes. Le vert emeraude, le bleu et le noir pour la periode hispono-mauresque; le bleu, le blanc, le jaune pour le 17e siecle. Le bleu et blanc pour le 18eme periode ou l’on tente de copier la porcelaine chinoise.

Le marquis de Pombal va l’utiliser dans la reconstruction de la Baixa. C’est ce qu’on appelle l’azulejo de padrao. En effet on fabrique des carreaux à motifs qui se répètent, cela permet de décorer rapidement tous les édifices de la Baixa. En 1741 une des fabrique importante celle de Santa Anna est créée. Elle existe toujours et se situe à Lisbonne.

La demande augmentant rapidement en particulier depuis le Brésil, d’autres fabriques voient le jour Viuva Lamego par exemple en 1849. 

Leur utilisation devient de moins en moins à la mode au début du 19eme mais le retour des portugais qui s'étaient expatriés au Brésil pendant les invasions napoléoniennes vont les remettre au goût du jour en façade, cette fois.

L’utilisation du four électrique va donc permettre une production de volume plus importante. On utilise des pochoirs mais chaque carreau passe dans les mains de l’artisan.

Si vous ne l’avez toujours pas fait, profitez de la réouverture des musées la semaine prochaine pour vous rendre au musée des azulejos qui se trouve dans le couvent de Madre Deus à Xabregas. 

Je vous recommande également le palais des marquis de Fronteira. Le jardin est couvert d’azulejos et plus discret le couvent des Cardaes au Principe Real en est également couvert. On y trouve même des exemples de panneaux hollandais.

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