19/02 - Anne est de sortie : Le Bairro Alto

19 février 2021
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Nous avons déjà parlé à plusieurs reprises du quartier de la Baixa, je dis la Baixa puisqu' il s’agit de la ville basse. Et qui dit ville basse dit quartier haut, j’ai nommé le Bairro Alto.

Le Bairro Alto a sa réputation, elle fût sulfureuse puis s'est adoucie. Pour les visiteurs de LIsbonne cela reste un lit "à ne pas manquer”,” incontournable”.

Le jour, les rues pour la plupart piétonnes sont calmes, on entend les oiseaux chanter. Si on lève la tête il reste des guirlandes non pas de noël mais des célébrations du mois de juin passé, celles des fêtes de la Saint Antoine, le balcon sont fleuries, les façades colorées.

On y trouve des galeries d’art, des boutiques indépendantes, les chaînes n’ont pas encore entrepris de s’y installer.

Haut lieu du Sreet Art également, on y retrouve des fresques illustrant la révolution des œillets mais aussi des œuvres de Obey.

Le soir le quartier s’agite, les rez-de-chaussée ouvrent, les aspirateurs aspirent, les cocktails se préparent. Car le Bairro Alto est synonyme de fête. On déambule à partir de 22h en famille ou entre amis dans les rues du quartier, on déguste les morangoska, caipirinha et mojito avec moderation.

A 2h du matin, on change de quartier, il est temps pour le Bairro Alto de laisser dormir ses habitants.

Un peu d’histoire quand même:

Le quartier était lors de son développement un des quartiers pauvres de la ville dont la population ne cessait de croître et qui se sentait de plus en plus à l'étroit dans ses murailles. Au début du 16e siècle le roi Manuel 1er décide de mettre un peu d’ordre dans ce quartier qui s'appellera la Vila Nova de Andrade. Le plan des rues devient orthogonal, il l’est toujours. Pas aussi militaire que la Baixa mais tout de même, organisé pour un quartier qui a fêté ses 500 ans. Des règles d’urbanisme apparaissent concernant la largeur des balcons, les façades en bois sont interdites. A la fin du 16e siècle les jésuites arrivent au Portugal et à Lisbonne et font construire l'église Sao Roque. Les nobles vont donc prendre possession des lieux petit à petit. Les rues s'élargissent pour que les voitures à cheval puissent y passer, les palais s’adaptent au plan orthogonal. Il reste quelques beaux palais comme la palacio Pombal Rua de o Seculo,  le palacio do cunhal das bolas (hopital Saint Louis). Je ne pouvais pas ne pas placer ce nom incroyable dans ma chronique.

Après le tremblement de terre, même si globalement le quartier est indemne et qu’il ne subit pas de modifications importantes, les nobles quittent les palais et partent se réfugier à la campagne. Le quartier se transforme à nouveau, les palais se transforment en habitations collectives ou sont détruits. 

Au début du 19e le quartier devient l’une des 3 zones de ville où la prostituation est réglementée et où les prostituées peuvent être dans les rues. Le quartier devient un quartier de plus en plus sulfureux donc. Il sera également un des quartiers où le fado résonne dans les rues. Il y a des maisons de fado célèbres qui perdurent.  Les théâtres et les imprimeries s’y installent. Par conséquent les habitants sont journalistes, écrivains, artistes, politiciens. On remarque les noms des rues qui y font référence et en particulier celle du Diario das Noticias.

La periode do Estado Novo de Antonio Salazar a modifié l’ambiance du quartier. Depuis, les sièges des journaux sont partis. Il en reste un, A Bola, une institution. 

Dans les années 1980 le quartier devient le quartier tendance, les galeries d’art s’y installent les stylistes de renom comme Fatima Lopes, les salons de tatouage.

Le quartier continue d'être un lieu où on se rencontre, les riches , les pauvres, les banquiers, les artistes. Un jour, peut être pas si lointain, nous aurons donc la chance de pouvoir nous y croiser.

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