05/02 - Anne est de sortie

05 février 2021
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Aqueduc des eaux libres

Vous avez sans doute déjà vu cet immense aqueduc qui surplombe la vallée de l’Alcantara. Il s’appelle l’Aqueduc des eaux libres. Difficile de ne pas le voir quand on vient à Lisbonne. Il relie le quartier de Campolide au bois du Monsanto. Enfin il relierait s’il était ouvert à la circulation, ce qui n’est pas le cas.

C’est le roi Joao V le magnanime, celui que l’on compare parfois au Louis XIV français, qui a eu l’idée de sa construction. Il faut dire qu’au début du 18e siècle il y a de l’argent dans les caisses du roi et pas assez d’eau. L’eau du Tage bien avant d’être pollué n’a jamais été une source d’eau potable pour les habitants de Lisbonne.

Les approvisionnements se font donc grâce à des puits et à des citernes. Le quartier de l’Alfama disposait déjà de fontaines qui allaient chercher l’eau dans les sous sol du quartier. Mais la partie plus occidentale de la ville n’a pu se développer que grâce à cet apport extérieur. Il s’agit donc d’acheminer l’eau des sources dites Eaux Libres de Belas à 14km de Lisbonne près de Sintra. Le réseau initial faisait 58km, puis il a été étendu durant tout le 19e siècle. Les réservoirs de Mae da Agua situé dans le jardin des Amoreiras, celui de la patriarcal, sous le jardin du principe real, les fontaines de Rato, faisaient parti de ce réseau de distribution.

Avant l’aqueduc dans ce quartier de Lisbonne la quantité d’eau disponible est de 4litres/jour/famille. Elle passe à 6 litres/jour/personne.

Il est formé de 35 arches en pierre. Sa construction a eu lieu entre 1740 et 1744. A l’époque il fût l’un des aqueducs les plus hauts du monde. 1300 ouvriers ont contribué à sa construction. Côté mensurations, Le plus haut pilier fait 65m de haut. Autre fait exceptionnel, il est resté debout pendant le tremblement de terre.

Il n’est aujourd’hui plus en fonctionnement, l’ensemble de ce réseau d’eau a été abandonné en 1968.

Aujourd’hui (enfin en temps normal) on peut visiter l’Aqueduc. La vue est belle de là-haut. On peut aussi visiter les réservoirs et aussi les canaux souterrains. On y apprend d’ailleurs que certains particuliers avaient négocié une distribution particulière en échange de leur source dans leur résidence de Sintra.

L’aqueduc fut également une voie de circulation qui permettait de rejoindre les zones plus rurales de la ville depuis le centre. L'Aqueduc est aussi tristement célèbre par le tueur d'origine espagnol Diogo Alves qui de 1836 à 1839 assassinait et dépouillait les passants avant de les jeter dans le vide. Condamné à mort, Alves fut pendu en 1841. Il fut un des derniers condamné à mort du pays. Les médecins légistes ont tenté d’expliquer son geste en étudiant sa tête qui se trouve toujours dans le formol au musée de la faculté de médecine de Lisbonne. Avis aux amateurs.

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